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Après une bonne nuit de repos à Romont et après avoir pris mon petit déjeuner, je fis mes adieux à Christelle et Clara, les remerciant encore pour cette magnifique soirée passée ensemble. Thierry me proposa d’aller à La Fille Dieu pour voir les vitraux faits par Philippe Starck.

« Philippe Starck », est un designer et architecte français de renom, connu au niveau international autant pour ses intérieurs que pour ses produits de consommation courante et son design industriel, créant entre autres par exemple le flambeau de la flamme olympique des jeux olympique d’hiver de 1992 à Albertville, du mobilier et autres produits en collaboration avec de grands éditeurs italiens tels que Driade, Alessi, Kartell, des éditeurs autrichiens, espagnols ainsi que suisses tels que Vitra. Depuis plus de trente ans, Philippe Starck se place en dehors des conventions du design et de l’architecture, laissant place à une créativité intense bercée de subtilité, d’humour, d’écologie, d’éthique, créant icône après icône… Il crée sans cesse de nouveaux styles, liant intelligence et utilité à coûts modérés, laissant le design accessible à tous les consommateurs. Sur son site www.starck.com, vous pourrez voir sa force créatrice. Enjoy !

Arrivé à la Fille Dieu, je poussai la grande porte en bois qui me fit entrer dans la sombre chapelle. Mes yeux s’habituèrent gentiment à la lumière passant par les vitraux réalisés par Philippe Starck, vitraux non conventionnels par rapport à ceux que vous pourriez trouver dans certaines églises et chapelles. Ces vitraux présentent des formes abstraites et très colorées que vous pouvez voir sur les photos en bas de page. Après être resté là à contempler un vitrail après l’autre, sous la magie de leurs couleurs, je déposai une bougie pour mes proches, et je ressortis l’esprit rempli de couleurs, ce qui me mit dans un immense bonheur pour commencer cette nouvelle journée en direction de ma prochaine étape. A la sortie, Thierry m’attendait avec Caramel, son chien, et nous continuâmes la route jusqu’à revenir sur le camino Via Jacobi. Après nous être salués, il continua son chemin pour reprendre ses activités au sein de la Romontoise et de mon côté je me dirigeai en direction de la belle Romont sur sa colline. Mes pieds me faisaient souffrir légèrement à l’assaut de cette montée assez dure. Une fois arrivé en son sommet je partis à la recherche de mon tampon dans l’un des lieux de culte de Romont, passant de l’église du Couvent des Capucins à la Collégiale Notre Dame de l’Assomption qui était en travaux et donc impossible d’accès. Mon chemin continua jusqu’au Château : la magnifique cour de ce château, et son Vitromusée, sont l’une des grandes fiertés de Romont.

Le Musée suisse du vitrail a été fondé en 1981 à Romont, dans le canton de Fribourg. Sa rénovation et son agrandissement se font dans la Château de Romont sous le nom de « Vitromusée », regroupant toute l’histoire du vitrail mais également certaines œuvres d’artistes tels que Marc Chagall. Le Vitromusée est inscrit comme bien culturel suisse d’importance nationale. Un festival a été créé en 2007 par la ville de Romont sous le nom de Vitrofestival, biénnale des arts du verre, qui voit affluer de nombreux visiteurs chaque année. Alors si vous aussi, vous voulez vous baigner dans cette culture de savoir-faire, d’histoire et de couleurs, n’hésitez pas à vous y rendre ou à découvrir leur site : www.vitromusee.ch

En ressortant de la cour du château, je me dirigeai vers l’office du tourisme situé juste en face afin de leur demander s’il pouvait faire le tampon de la Ville de Romont pour ma Crédenciale. En rentrant, une jeune femme souriante, m’accueillit et suite à ma demande, tamponna cette dernière. En sortant de l’office, je tombai nez à nez avec un grand panneau indiquant les 2’000 kilomètres qui séparait Romont de St-Jacques de Compostelle. Après avoir posé fièrement (sourire) devant ce dernier, je repris mes bâtons de marche et quittai peu à peu la colline par une pente à 17% que mes pieds n’apprécièrent pas, la chaleur et le bitume ne me soulageant pas, passant à côté d’une maison joliment décorée de fresques de pèlerinage… Arrivant en bas de cette pente, je continuai mon camino, déambulant par les rues, pour arriver sur la grande route qui me fit quitter la ville et arriver quelques minutes plus tard à l’entrée d’une clairière et un chemin caillouteux dans la campagne, en direction de Moudon. Romont, trônant fièrement sur sa colline, s’éloignait petit à petit mais restait toujours à portée de mes yeux, tandis que je passais des grands champs de Billens, Hennens jusqu’au sommet d’une colline à l’entrée de Lovatens et du canton de Vaud où un banc m’attendait afin de faire mes derniers adieux à Romont. Après cette courte pause, je repris ma route, redescendant à travers de longues routes droites bitumées, me laissant découvrir toute la plaine et ses magnifiques champs. Cette route semblait interminable, je n’en voyais pas la fin… Ce n’est qu’une heure et quart plus tard que j’arrivai enfin à la fin de cette route épuisante, à la hauteur de Curtilles, me laissant découvrir au loin le beau château de Lucens. Selon les indications du tourisme pédestre, Moudon n’était plus qu’à environ 45 minutes de là. La chaleur était étouffante et je me réjouissais déjà de me mettre à l’ombre d’un parasol et de me désaltérer plus longuement. Je repris mon courage à deux mains, pour ne pas dire à deux pieds (les pauvres, je leur en faisais voir de toutes les couleurs…) et m’engageai sur la longue berge du fleuve de la Broye à ma droite avec un tracteur moissonnant un champ à ma gauche jusqu’à arriver à l’entrée de Moudon et, quelques minutes encore plus loin, en son centre-ville par ses longues artères et j’arrivai en son église où je trouvai mon tampon suivant. En ressortant de l’église, je me redirigeai quelques mètres en arrière où j’avais deviné la grande terrasse ombragée d’un restaurant. Je fus heureux de pouvoir enfin m’asseoir et me reposer plus longuement. Un petit air frais m’accompagnait avec le plus grand des bonheurs…