Sélectionner une page

Après avoir passé une soirée et une nuit dans cet endroit incroyable, dans le calme et la sérénité, je préparai mes affaires pour me rendre sur Lausanne. Après un petit-déjeuner fort sympathique et encore quelques mots échangés avec Karen, la maîtresse des lieux, je me remis en route sur mon camino, laissant la « JayKay » derrière moi…

Après 30 minutes de marche, je vis de loin une femme pèlerin, reconnaissable à sa coquille, fièrement disposée sur son gros sac de randonnée. Elle avait un pas ferme et je pressai le mien pour pouvoir la rattraper. C’est toujours très intéressant d’échanger quelques mots avec les pèlerins sur le chemin. Une fois à sa hauteur, elle se retourna et d’un sourire me souhaita un « Guten Tag ». Ayant pris l’habitude de croiser quelques pèlerins germanophones, soit suisses-allemands, soit allemands, je lui adressai quelques mots en allemand afin de savoir comment elle s’appelait, d’où elle venait et quelle était sa destination. Inghe venait d’Allemagne et avait repris son chemin à Moudon, où elle s’était arrêtée après son premier périple depuis la maison. Elle avait décidé cette fois-ci de se lancer dans une nouvelle étape jusqu’au Puy-en-Velay. Nous décidâmes, après quelques mots échangés, de faire l’étape jusqu’à Lausanne ensemble, où elle avait également décidé de s’arrêter, ayant réservé un lieu où dormir à cet endroit. Comme nous avions le même pas, ce fut un plaisir de marcher ensemble. Nous nous sommes donc remis sur le camino, chacun dans nos pensées, arpentant campagne et forêt de Mézières, à l’ombre de grands arbres qui nous amenaient de la fraîcheur. De Mézières à Montpreveyres, le camino nous fit monter et descendre à travers une forêt dense, par des marches en bois, de petits chemins d’orties, de petits ponts pour enfin arriver à la lisière de la forêt sur une petite chapelle fort charmante où nous décidâmes de nous arrêter quelques minutes afin de faire une petite pause. En y pénétrant, nous tombâmes sur un joli tampon. Il est rare de trouver des tampons dans les chapelles, car elles sont en général propriétés de privés et ces derniers n’ont pas forcément l’idée ou l’envie de participer au pèlerinage de Compostelle. Aussi nous fûmes vraiment contents d’y trouver « le précieux » dans cette dernière. Après ces quelques minutes, nous reprîmes notre chemin par la route et arrivâmes à la hauteur d’un panneau qui nous indiquait la direction du Zoo de Servion.

« Le Zoo de Servion », à proximité de Lausanne, est dédié à la faune nordique, aux grands félins comme par exemple le tigre de Sibérie, le lynx et la panthère des neiges, aux petits primates et aux lémuriens, mais également le loup arctique, le bison d’Amérique du nord et l’ours brun, entre autres. Il est composé d’environ 200 animaux représentant 60 espèces différentes se côtoyant sur 55’000m2 d’espaces boisés et aménagés. Construit en 1974, le zoo attire de très nombreux visiteurs chaque année et participe ainsi à la sauvegarde de nombreuses espèces menacées, comme le tigre de Sibérie, par exemple.

Notre chemin continuant, nous nous enfoncions à nouveau dans une forêt dense à Savigny pour arriver devant un panneau d’information nous indiquant que nous traversions le Bois du Jorat et nous indiquant également que nous étions à 1965 km de Santiago de Compostelle et que la fin de Via Jacobi arrivait à grand pas. Après quelques gorgées d’eau avalées avec plaisir, nous nous remîmes en marche pour rentrer dans la campagne de Lausanne et nous décidâmes de faire une bonne pause au camping du Chalet-à-Gobet afin de manger un sandwich et faire santé avant d’attaquer la fin de notre périple d’aujourd’hui.