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Après cette pause bien méritée (surtout pour mes pieds où deux cloques me faisaient pas mal souffrir) mais avec l’aide de l’énergie de Inghe, je repris mon courage et nous nous remirent en route pour arriver 1h15 après dans les hauteurs d’Epalinges qui nous firent enfin découvrir le lac Léman et la France, en face, dans une petite brume. La vue était magnifiquement dégagée et le soleil abondant pour notre plus grand plaisir. La descente fût assez rude car la verdure avait laissé place à la route bitumeuse et chaude, ne ménageant pas mes pieds et ralentissant du coup mes pas. Heureusement, mes fidèles bâtons me permettaient de me soulager de cette peine, devenant presque insupportable. Inghe me fit remarquer le panneau « Pedibus », permettant aux jeunes enfants de se rendre à l’école à pieds, accompagnés d’un adulte, souvent un parent. Nous nous mîmes à rire comme des enfants, imaginant le Pedibus que nous avions emprunté de notre côté. Connaissant bien la région, je savais que notre camino n’allait plus emprunter de jolis chemins de terre et que le bitume allait être notre « chemin de croix » jusqu’au centre-ville de Lausanne. Aussi, j’essayai intérieurement de me mettre dans un esprit de conciliation avec la route et d’y penser le moins possible, me mettant notre objectif d’aujourd’hui en tête. A Epalinges, ce fut un parcours sinueux à travers un nouveau centre médical, fraîchement construit, qui ne s’était pas rendu compte qu’il avait fait dévier le camino, pas à son plus grand avantage… Enfin sortis de ce gymkhana pédestre, nous nous dirigions en direction de Sauvabelin à ma grande satisfaction, me réjouissant de retrouver un peu de forêt et des chemins de terre. Ainsi, quelques minutes plus tard, le chemin de terre nous attendait… tandis que nous nous enfoncions dans les bois. Nous rencontrâmes une jeune femme qui se promenait là. Décidant de nous accompagner, elle nous questionnait sur le Chemin de Compostelle, tandis que nous arrivions gentiment au lac de Sauvabelin. La jeune femme nous proposa de nous offrir un verre et nous acceptâmes avec grand plaisir sa proposition. Nous continuâmes à discuter autour du camino, de ce pèlerinage et de ce que nous avions traversé jusque-là, tandis que les clients de la terrasse du restaurant nous dévisageaient, comme si nous étions des extra-terrestres (rire). Après cette pause fort sympathique, nous repartîmes en direction du centre, passant par la fameuse Tour de Sauvabelin, dont les marches sont disposées en hélice sans fin, incroyable architecture en bois.

« La Tour de Sauvabelin » est une tour en bois massif, haute de 35 mètres, caractérisée par ses 302 marches, 151 pour la montée et 151 pour la descente, formant une double hélice. Les marches sont des poutres fixées sur un axe central qui entraîne la séparation de l’escalier de montée et celui de descente. Tout le bois ayant servi à la construction de la tour provient des forêts et bois de la ville de Lausanne. La Tour de Sauvabelin fut inaugurée le 29 novembre 2003 et ouverte au public le 15 décembre de la même année. En arrivant à son sommet, un panorama magnifique s’offrira à vous, panorama sur Lausanne, le lac Léman, les Alpes et Préalpes Vaudoises ainsi que les Alpes françaises. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter d’avoir du courage pour cette jolie ascension.

Quelques minutes après avoir laissé la tour derrière nous, nous arrivâmes aux portes de l’Hermitage et sa fondation. Passant d’un joli point de vue sur Lausanne, le lac et la Fondation, par un chemin sinueux de gravier, nous arrivâmes, après un joli petit dénivelé, à la hauteur du Château de Lausanne, sa Cité pavée et enfin sa Cathédrale majestueuse, trônant sur la ville de Lausanne. (c.f : petit descriptif de la Cathédrale de Lausanne, dans le récit 019). Je montrai à Inghe où trouver le magnifique tampon de la cathédrale de Lausanne, représentant la rosace, magnifiquement restaurée. Après un tour dans la cathédrale, je l’amenai sur la terrasse donnant sur la ville en lui expliquant les différents monuments qu’elle regardait émerveillée, ainsi que les différentes villes qu’elle allait découvrir le long du lac jusqu’à Genève. La vue étant entièrement dégagée, Inghe avait des étoiles plein les yeux… Je lui fis signe de passer par les escaliers du marché pour enfin descendre dans le centre-ville. Elle me proposa de trouver une terrasse afin de fêter notre arrivée sur Lausanne et partager un dernier moment ensemble avant que nos chemins ne se séparent, ce que nous fîmes. Ce fut un vrai bonheur de partager cette étape avec Inghe. Je lui souhaitai un « Buen Camino » et nous partîmes tous les deux en direction de nos lieux de repos respectifs.