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Et voilà… enfin… après quelques jours de pause à cause de mon genou droit  qui me faisait mal, j’ai pu repartir sur le Camino, là où je l’avais laissé, à Stans!

C’est donc avec plaisir que j’avais préparé mes affaires la veille. Je fus prêt à repartir vers de nouveaux horizons le dimanche 11 juin. J’avais pris mon billet de train depuis Lausanne en direction de Lucerne et de Lucerne jusqu’à Stans. Le réveil sonna vers les 5h30, je pris un bon petit déjeuner et partis en direction de la gare, mon train étant à 6h45 sur voie 1.

En arrivant sur le quai, il n’y avait pas foule, mis à part quelques fêtards de la veille qui attendaient péniblement leur train pour rentrer à la maison… Le train de Lucerne entra en gare. Je rentrai et me posai, branchai mon téléphone et décidai de dormir une heure de plus, car ma nuit fut trop courte et, vu le parcours que je m’étais tracé, il me fallait dormir un peu plus. Je me réveillai une heure plus tard car il y avait pas mal de bruit dans le train. Effectivement le wagon dans lequel je m’étais endormi, comptait quelques femmes en survêtement de sport. Je demandais à mes voisines quelle en était la raison. Elles me répondirent qu’il y avait à Berne une course à pieds de femmes uniquement, et à chaque arrêt, de nouvelles femmes rentraient dans le train pour cette fameuse course. Ca m’a fait bizarre de voir autant de femmes dans le même train (sourire). En arrivant à Berne, le train se vida d’un coup, me laissant seul jusqu’à Lucerne. Je changeai de quai pour prendre le régional pour Stans et là, le train était rempli de randonneurs, de tous les âges. Il faut dire qu’avec le temps qui était annoncé, beau et chaud, les gens se déplaçaient en masse à la montagne pour chercher un peu de fraîcheur…

Stans fût annoncé par interphone, je me levai et mis mon sac sur le dos, prêt à repartir sur le camino que j’avais quitté, en même temps que mes amis quelques jours plus tôt. Une fois en gare, je me mis à marcher en direction de là où je les avais vu s’éloigner et pris à mon tour le camino, quittant peu à peu Stans. La route était assez raide, passant du quartier résidentiel de Stans en sa campagne. Après avoir dépassé un couple de randonneurs, je m’arrêtai à côté d’une ferme afin de raccourcir mon pantalon en short et enlever ma jaquette car la chaleur était déjà bien là… Une fois cela fait, je bus quelques gorgées d’eau et repris mon chemin, plus léger. Je ne tardai pas à revenir sur les pas du couple de randonneurs et ils me dirent en souriant que je devais être mieux ainsi, ce que j’affirmai en riant. Je leur demandai s’ils allaient sur Compostelle et ils me répondirent que non, ils avaient décidé de faire une bonne ballade aujourd’hui jusqu’à St. Jakob à 2 heures d’ici, de se balader et profiter des alentours avant de rentrer. Nous discutâmes un moment, arpentant la montagne jusqu’à entrer dans une forêt dense. Au bout de la forêt, St. Jakob était indiqué à 10 minutes de là, mais n’était pas sur ma route. La femme me dit qu’il y avait le tampon dans le restaurant du centre-ville si je voulais et je répondis que je préférais continuer mon chemin car j’avais environ 7h30 de marche à faire. Nous nous sommes quittés là et ils me souhaitèrent un « Buen Camino ». Quelques mètres plus loin, je me dis que c’était dommage de rater un tampon (ha ha ha), du coup je rebroussai chemin en me dirigeant vers St. Jakob. Je vis le couple assis au restaurant et je leur fis signe en leur disant que j’allais voir s’il y avait un tampon dans la jolie église : Mon premier tampon de ma nouvelle aventure… En repartant, je décidai de m’arrêter au restaurant afin de faire une  mini pause et discuter avec ces randonneurs. Nous discutâmes un petit moment en échangeant nos prénoms. J’étais content d’avoir rencontré, au bout de quelques heures déjà, des gens très charmants.

Après leur avoir dit au revoir, je repris mon chemin en direction de Giswil avec pour étape Flüeli-Ranft à quelques heures d’ici. Je continuai à monter le long de divers chemins de terre sous une chaleur de plomb, me faisant découvrir des paysages aussi beaux les uns que les autres pour arriver à une petite chapelle où tout était petit, la porte d’entrée, les bancs et qui était très joliment décorée avec de petits tableaux ecclésiastiques accrochés aux murs. Dehors, en face de la porte, quelques bancs étaient installés, laissant imaginer qu’il devait y avoir quelques cérémonies en ce petit lieu. Après cette jolie petite découverte, je repris différents chemins sous cette écrasante chaleur, chemins qui me menèrent à un petit bistroquet fait par un paysan pour accueillir les pèlerins de passage chez lui. Je m’arrêtai pour boire un jus de pomme bien frais et manger une glace… Il faisait une chaleur impressionnante et ce petit arrêt me fit un grand bien. La caisse était tenue par les petits enfants du paysan qui prenaient leur rôle très au sérieux (sourire), c’était adorable. Quelques kilomètres plus loin je me retrouvai sur un grand plateau de montagne, me faisant découvrir au loin le Lac de Sarnen au bout duquel se trouvait ma destination de la journée, mais le lac était encore loin et je savais qu’il me faudrait encore quelques heures de marche pour l’atteindre. En m’avançant, je tombais sur St. Niklausen, un couvent entièrement tenu par les sœurs. Ce fut une jolie découverte de par son architecture moderne en bois. Je m’arrêtais afin d’y trouver refuge un instant pour me mettre à l’ombre et je profitai ainsi de la fraîcheur du lieu et de remplir ma bouteille d’eau par la même occasion avant de repartir. Je longeai le lac par le haut et arrivai à une église surplombant la vue. Le chemin passant non loin d’elle, m’indiqua que la descente allait commencer… Muni de mes bâtons, j’entrepris cette jolie descente vallonnée jusqu’à croiser un couple de pèlerins qui m’expliquèrent qu’ils rêvaient de faire le chemin de Compostelle un jour en entier. Après quelques minutes de discussions, ils descendirent avec moi fredonnant une chanson sur le Chemin de Compostelle. Je trouvai magnifique ce duo et je leur demandai de mes chanter leur chanson, ce qu’ils firent. Ce fut vraiment très beau et très touchant de leur part de ma la chanter. Ca fait vraiment du bien de rencontrer des gens ainsi, avec le sourire et un grand cœur. Ma journée allait être magnifique me disais-je. Ils me chantèrent un « Buen Camino » et tandis que je m’éloignai, je les entendais chantonner dans mon dos ce que je trouvai magnifique. J’arrivai vers une descente très abrupte qui était façonnée de marches à perte de vue. J’avais peur, à ce moment-là, que la douleur à mon genou droit ne se réveille, mais il n’en fut rien. En arrivant au bas de la pente, je traversai une rivière par un pont en métal et vis quelques personnes se baigner dans la rivière, recherchant la fraîcheur, à côté d’une jolie chapelle. Dépassant cette jolie chapelle, je vis une sacrée montée qui se dessinait devant moi, avec quatre jolies petites chapelles disséminées de part et d’autre de la montée, qui avaient amené de nombreux touristes. Je ne devais pas être très loin de Flüeli-Ranft me disais-je.

Les quatre chapelles : La chapelle de Edisried consacrée à Saint-Joseph (1752), la chapelle de Bürglen consacrée à la mère de Dieu, à Saint-Antoine et à Saint-Wendelin (1830), la chapelle Saint-Béat d’Obsee (1567) et la chapelle fortifiée consacrée à Saint-Nicolas de Flüe (1537).

La montée fut assez pénible… et durant celle-ci, je croisais de nombreux touristes qui me saluaient dans de nombreuses langues. Enfin arrivé en son sommet, je découvris Flüeli-Ranft où je décidai de m’arrêter afin de me désaltérer à nouveau car montée plus chaleur donnent très soif !!! Aussi je me posai sur une terrasse, à l’ombre…