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Après une bonne trentaine de minutes, je décidai de repartir car j’avais encore pas mal de route à faire jusqu’à Giswil. Je me disais que si la fatigue se faisait ressentir, je pourrai m’arrêter à Sachseln où Peter, un de mes anciens compagnons de route, m’avait transmis une adresse où il avait passé un très bon moment. Je repris mon courage à deux mains et commençai à descendre en direction du Lac de Sarnen, passant d’un petit chemin à l’autre, d’une courbe à une autre pour enfin arriver dans les hauts de Sachseln, une heure plus tard, sur une route plus large me laissant découvrir au loin, à travers les feuillages, l’église de Saint-Théodule, célèbre pour ses pèlerinages. En arrivant à sa grande porte très joliment décorée, je rentrai et fus émerveillé par son intérieur. Ses piliers étaient en noir et ses murs et plafonds en blanc et la porte d’entrée depuis l’intérieur était magnifiquement décorée.

L’église Saint-Théodule construite entre 1672 et 1684 est de style baroque. Elle renferme depuis 1672 le tombeau de St-Nicolas de Flüe. Les piliers à l’intérieur, spectaculaires, sont faits de calcaire noir, semblable à du marbre et provenant du Melchetal, vallée et village situées dans le canton d’Obwald en Suisse centrale, sur la commune de Kerns.

J’y découvris mon tampon avant de reprendre mon camino m’amenant sur la route du lac. Après avoir regardé mes cartes et documents, je vis que Giswil était à 1h30 de là. Comme j’étais en milieu d’après-midi et que je n’étais pas encore trop fatigué, je décidai de m’y rendre. En longeant le bord du lac, je découvrais toutes les plages, publiques et privées où les familles et les jeunes s’étaient réunis, profitant de bronzer et de se baigner, ce qui ne m’aida pas vraiment vu la chaleur qui y régnait… ça plombait terriblement !!! Ayant la vue dégagée sur tout le lac, je voyais Giswil encore loin et je regrettai presque de ne pas m’être arrêté à Sachseln. Mais au vu du parcours qui m’attendait le lendemain, je ne pouvais pas me permettre de m’arrêter là. Le temps avançant, je me décidai à appeler le camping de Giswil pour savoir si une chambre était encore libre. Par chance, la dame au téléphone parlait français et elle me dit qu’elle allait préparer une chambre en me demandant quelle serait mon heure d’arrivée. Une fois le téléphone raccroché, je me sentais rassuré de savoir qu’un bon lit et qu’une bonne douche m’attendaient à quelques lieux de là… aussi je continuai mon camino, serein malgré la chaleur et la terre aride se levant à chacun de mes pas… Ce bord de lac était juste magnifique, la couleur de l’eau incroyable et les petits cabanons qui bordaient ce magnifique lac également. Je passai de petites plages publiques séparées par des cabanons privés tous les trente à cinquante mètres, petits cabanons en bois, montés sur une base épaisse en béton, évitant au bois de se faire détremper. Chaque cabanon avait son propre balcon suspendu en dessus du lac ce que je trouvais très charmant. Plus loin, de nombreuses petites maisons avec plages et jardins privés donnaient sur le lac. Elles étaient bordées de haies hautes ne permettant pas au marcheurs et randonneurs de pouvoir déranger leurs propriétaires. De loin, on pouvait découvrir ces plages et jardins privés, bordant le lac. Une centaine de mètres plus loin, des zones plus sauvages accueillaient des baigneurs et paysans ayant leurs fermes non loin de là, puis une zone très sauvage, ciglée d’un panneau indiquant une réserve naturelle où tous piétons, animaux de compagnie et chevaux étaient interdits de passage, ce qui prouvait que j’arrivais à la fin du lac. Mon chemin m’indiquait que je devais aller sur Giswil centre mais après avoir regardé ma carte, le camping où j’allais me reposer et passer la nuit était à encore trente minutes de là, me faisant passer le long d’une longue et large route empruntée par les voitures, longue à ne plus en finir. Je traversai un pont à côté d’une grande entreprise et me lançai sur une petite route qui m’amena dans une carrière, puis dans le camping, qui me semblait plein vu le nombre de caravanes et de tentes qui y étaient installées. Je sonnai à la réception et la femme me dit que la chambre était bientôt prête et qu’il me fallait patienter encore quinze minutes. Une fois à l’arrêt, la chaleur que j’avais emmagasinée se mit à couler le long de mon torse, mes bras, mes jambes et mon visage… j’avais l’impression que je perdais deux litres en quelques secondes, c’était affreux et ces quinze minutes me parurent  une éternité !!!

Enfin la dame arriva et m’expliqua où  était ma chambre et toutes les commodités du camping.

Je ne vous explique pas quelle fut ma joie de courir me prendre une douche, boire une bonne bière bien méritée et manger à ma faim avant d’aller me rafraîchir les jambes dans le lac qui longeait le camping. J’étais éreinté de ma journée sous ce soleil plombant et cette chaleur écrasante… La nuit tombant, la fraîcheur remplaça petit à petit la chaleur et je n’eus pas de peine à trouver le sommeil.