Sélectionner une page

Ayant mis mon réveil à 07h30 comme d’habitude, je fus réveillé à 07h00 par la classe de course d’école qui courrait dans les couloirs de l’auberge de jeunesse. Je profitai de me lever et de préparer mes affaires tranquillement avant d’aller faire un bon petit déjeuner au rez-de-chaussée. En descendant je compris que les professeurs avaient poser le poing sur la table et on aurait pu entendre les mouches voler (sourire). Je pris ainsi mon petit déjeuner en paix, en la compagnie de Mengya, l’étudiante chinoise qui me dit que le réveil fut un peu rude. Après avoir bien manger et bu un bon café, je me levai, saluai tout le monde, pris mon sac à dos et me mis en route pour reprendre mon camino où je l’avais laissé à la hauteur du petit tunnel. Je retrouvais les panneaux de Via Jacobi qui m’indiquèrent la direction du centre de Brienz par le bord du lac. Des sculptures en bois étaient entreposées tout le long de ce petit chemin. Mon camino longeait le joli village de Brienz me faisant découvrir de jolies petites maisons et de chalets collés les uns aux autres et un bord du lac somptueusement décoré. Et en voyant la couleur du lac, et la proximité de ces habitations au bord de ce dernier, je me dis qu’il devait être bon de vivre ici, en plus c’était vraiment très tranquille. Quelques chaises longues étaient mises gratuitement à la disposition des passants, soigneusement rangées dans des box appropriés sur lesquels il était écrit : « Faites une pause, profitez de la belle vue et de notre promenade! Prenez une chaise et remettez-la avant de partir. ». Quelle magnifique idée trouvais-je et quelle jolie attention de la part de ce joli village. On pouvait voir qu’il n’y avait aucune dégradation de la voie publique et on pouvait sentir du respect envers ces lieux, ce qui fut fort agréable. Ma route semblait bifurquer non loin et m’indiquer qu’il fallait prendre une route bitumée qui montait entre deux maisons en direction de la montagne, me faisant passer dans une rue parallèle à celle au bord du lac, en légère montée. La pente se faisait sentir de plus en plus dure, me faisant m’éloigner petit à petit de Brienz tout en me faisant découvrir tout le lac, entouré de belles montagnes et de campagnes verdoyantes. Le paysage était juste à tomber… et au plus je montais au plus cela me semblait être magique. Quelques mètres plus loin les arbres me cachèrent le paysage m’obligeant à me reconcentrer sur le sentier et la montée qui ne s’arrêtait pas. Je tombai sur de grands patûrages où des yaks avaient remplacé les vaches. Ces yaks, habituellement familiers des pays comme la Mongolie, le Tibet, le Nepal ou le Bhutan, avaient élu domicile dans notre beau pays. Les conditions de leurs pays d’origine devaient avoisiner les nôtres me disais-je. Après avoir traverser ces patûrages, le petit sentier me fit traverser une grande forêt bordée de fraises sauvages, ajoutant de subtiles petites pointes de couleur dans ce vert électrique. Et là, à ma grande surprise, au bout du sentier, se dessinait une grande passerelle métallique surplombant la vallée, suspendue au-dessus d’un grand vide. Ames sensibles s’abstenir me disais-je en souriant. Ma transpiration, due à la montée que je venais de faire et la chaleur présente, était telle que je me dis qu’il fallait que je fasse un mini break avant de passer cette passerelle haut perchée, surtout qu’elle semblait bouger dans tous les sens… Après quelques grandes gorgées d’eau et après avoir séché mon visages, mes bras et mes jambes, je me mis à l’assaut de ce passage branlant… La passerelle bougeait et craquait dans tous les sens à chacun de mes pas, ce qui n’était pas très rassurant, mais bon je pris mon courage à deux mains et la traversai quelque secondes plus tard avec le sourire, content de ne pas avoir oublié quelque chose de l’autre côté m’obligeant à aller le rechercher (ha ha ha). Je pris le temps d’observer le magnifique paysage qu’offrait le lac en contre-bas et repris le sentier à travers la forêt, me faisant traverser une scierie avant de retrouver la campagne et la vue sur le lac.

Après ce petit bout de campagne, je rejoignis Oberried, petit village fort sympathique, bénéficiant d’une vue sans pareil sur le lac. D’ailleurs, le nom de sa rue principale ne mentait pas : « Panoramastrasse ». Même pas besoin de vous la traduire, elle parle d’elle-même. De belles villas siégeaient là, devant cette vue dégagée, ne se gênant pas les unes des autres. Au bout de la rue, une chapelle design m’attendait afin de bénir ma Crédenciale. Je profitai de la vue qui s’offrait à moi pour me désaltérer avant d’entreprendre la descente comme semblait l’indiquer les panneaux juste à côté de la chapelle. En reprenant ma route, je vis que la pente goudronnée était très pentue, ce qui me laissait présager quelques douleurs au niveau de mon genou droit, ce qui arriva quelques mètres plus loin, m’obligeant à m’arrêter, enfiler mon atèle de soutien et descendre avec précaution pour éviter de faux mouvements qui pourraient être fatals à ma marche. Après cette douloureuse et longue pente, je me retrouvai à nouveau au bord du lac. Enlevant mon atèle, je me remis à marcher en bordure du magnifique lac de Brienz jusqu’à arriver à une petite terrasse organisée par des gens vivant là qui permettait de boire un café ou un sirop, à l’abri d’un petit parasol, à 2 mètres du lac. Je trouvai la proposition fort sympathique et m’arrêtai un instant pour profiter du moment présent. Quelques minutes après avoir repris ma route, un panneau m’indiqua qu’il fallait à nouveau monter et repasser par la forêt que j’avais laissée auparavant. Quelques temps après, je me retrouvai à la même altitude qu’avant sur un tout petit sentier escarpé me faisant passer par des allées d’arbres ou du bois coupé et entreposé très proprement attendait l’hiver et les cheminées. Le chemin que j’avais pris se nommait « Planetenweg », chemin des planètes. Tous les 200 ou 300 mètres un panneau parlait d’une planète, petit chemin didactique intéressant me faisant passer par les contrées de Niederried et Ringgenberg surplombant le lac et où des chantiers de murs en pierres sèches étaient en construction sous un soleil de plomb. En arrivant au village de Ringgenberg, une Abbaye, construite sur une colline et ne laissant aucune place pour une autre habitation, surplombait le lac et ses petites maisons lacustres. Beaucoup de touristes avaient afflué pour observer cette magnifique construction moyenâgeuse, perchée. Tandis que je continuais de marcher sur la Planetenweg, découvrant le nom des planètes exposées les unes après les autres, mon chemin me fit passer le long de falaises de roche, aménagées pour le laisser passer. Je me retrouvai ainsi entre falaises et chemin de fer jusqu’à Goldswil, petit village de pêcheurs et port de plaisance pour de petites embarcations. Un pont métallique, surplombant le début du port, permettait de faire passer le train d’un côté à l’autre de la rive. Ce petit port de plaisance était relié au canal qui s’avançait et s’élargissait pour aller en direction de Interlaken, à une trentaine de minutes de là. Selon mon plan, Via Jacobi s’avançait tout le long du canal sur 2 kilomètres sans passer par le lieu dit, passant sous une multitude de ponts reliant à la ville. Tout en avançant, je me dis que j’avais besoin d’une bonne demi-heure de pause, car la chaleur commençait à peser et la route goudronnée, bien chaude, se faisait ressentir dans mes chaussures et mes pieds commençaient à légèrement fatiguer… Arrivé à la hauteur du panneau sur l’un des ponts indiquant le centre-ville d’Interlaken, je remontai à la hauteur de la chaussée, traversai le pont et cherchai un endroit où boire une bonne bière et reposer mes pieds. Un bar sympathique à l’allure un peu rock m’attendait et je me mis à l’ombre d’un grand parasol.