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M’étant couché à 23h00, je ne trouvais pas le sommeil, car le sol était inconfortable et 2, 3 moustiques me tournaient autour… je décidai de me lever et de rejoindre le lobby à l’entrée du camping pour écrire un moment. Le temps passait et je craignais de retourner me recoucher sur ce sol si inconfortable, mais je me devais de dormir quelques heures afin de me reposer des 12 heures de marche de la veille et surtout avant d’affronter ma nouvelle journée. Je retournai donc me remettre à l’horizontal sur ma place de tente sans tente, m’emmitouflant dans mon sac de couchage pour éviter l’invasion des moustiques. Au bout d’une heure, je me réveillai car je crevai de chaud, décidant d’enlever mon t-shirt avant de me replonger dans mon sac. Je me rendormis pour me réveiller à nouveau une heure après avec des douleurs au dos. Sans tapis, ni tente, c’était impossible me disais-je, aussi je décidai de me lever définitivement en me disant que je ferai une pause plus longue sur le coup des midis.

Il était 03h00…

Je me dirigeai vers la salle de bains du camping, y pris une longue et bonne douche chaude, m’habillai, fermai mon sac et sortis de la salle. Là, le ciel me fit comprendre, vu sa noirceur, qu’il allait pleuvoir… Pendant que je nouais mes chaussures la pluie tomba violemment ! Je décidai d’attendre une accalmie avant de partir. La pluie tomba une bonne heure, heure que je passai à nouveau dans le lobby, profitant de somnoler un moment. A 05h00 la pluie cessa enfin de tomber et je trouvai le moment opportun pour enfin prendre ma route, le ventre vide, car la cantine n’ouvrait qu’à seulement 08h30. Je mis la pèlerine sur mon sac à dos afin de le protéger d’une éventuelle nouvelle averse et mis mes habits de pluie à disposition, prêt à toute éventualité, puis je repris mon camino. En sortant du camping par la plage, je tombai sur les chambres dont le réceptionniste m’avait parlées la veille, plusieurs tubes en béton montés les uns sur les autres offrant selon le panneau, disposé devant, tout le confort nécessaire et faisant de ces chambres des lieux entièrement indépendants. Je continuai mon chemin, sinuant le long du lac, passant par un pont en bois et au milieu d’un petit marais avant de retomber sur la route goudronnée. Je tombai directement sur une boulangerie qui par chance venait juste d’ouvrir. Je m’achetai de quoi manger et boire et me posai un instant dehors pour faire un bon petit déjeuner afin d’avoir assez de force pour marcher un moment. Après cette pause, je me dis qu’aujourd’hui, au vu de ce manque de sommeil, il me fallait marcher plus lentement et faire des pauses régulières. Je passai par un quartier du nom de Gwattegg, me faisant retomber sur la Via Jacobi. Ce quartier était très pentu et je m’essoufflai rapidement ce qui fit ralentir mon pas. Quelques minutes après, je vis se dessiner la ville de Gwatt et le lac de Thun sous un ciel très menaçant, tandis que je passai à côté d’un ranch où quelques chevaux magnifiques, munis d’une espèce de voile anti-mouches sur les yeux, trônaient. Ce spectacle était vraiment magnifique et j’en profitai pour faire quelques photos. Arrivé enfin en haut de la butte, je retrouvai le plat jusqu’à une légère petite descente, me faisant passer sous l’autoroute avant de me retrouver sur un sentier de gravillons me menant à une grande montée ou je reçus quelques gouttes de pluie, m’obligeant à m’arrêter sous un arbre afin de m’abriter et enfiler ma tenue de pluie et continuer mon camino sur la route et de nouveau à travers une forêt et le long d’un grand champ où je fis surpris par des coups de fusils à répétition… Il est vrai que Thun et sa région possède une grosse présence militaire et c’est d’ailleurs la plus ancienne et la plus importante place d’armes de l’Armée Suisse, avec de nombreux terrains d’exercices de tirs, comme celui à côté duquel je passais et qui, me disais-je en souriant, devait, de par l’intonation, réveiller tout le voisinage à des kilomètres à la ronde. A la fin de ce champ, j’arrivai dans le petit village de Amsoldingen où je pensais m’arrêter un petit moment pour me protéger de la pluie incessante. Je vis au loin une petite église construite à côté d’une maison de maître. A peine entré, je découvris son intérieur en vieilles pierres complètement refait de a à z. Elle dégageait quelque chose d’assez reposant et j’en profitai pour me reposer quelques minutes, puis je fis mon tampon et repris mon chemin. Quelques kilomètres plus loin, la pluie cessa enfin de tomber mais au risque que le ciel ne menace encore, je décidai de garder mes habits de pluie un moment, alors que je rencontrai sur mon chemin quelques promeneurs qui me saluaient en passant avant de les laisser dans mon dos s’éloigner, découvrant une magnifique campagne longeant les montagnes et un long lac et ses petits marrais. Là, quelques buffles impressionnants se reposaient le long de la clôture à côté d’un grand ranch où deux femmes retournaient le foin afin de les nourrir et aménager leur box. Après quelques nouveaux kilomètres avalés, je traversai une forêt qui me fit arriver à travers une scierie qui possédait une grande roue entraînée par une rivière, faisant actionner les lames qui découpaient le bois, laissant échapper une jolie odeur de sciure. Mes narines étaient très sensibles à cette bonne odeur, emportée par le vent, comme une boulangerie pourrait laisser échapper l’odeur du pain chaud de très bonne heure le matin. Une fois passée cette scierie, je rentrai dans le village de Blumenstein, qui, comme l’indique son nom, est très fleurie, à tous ses ronds-points mais également sur toutes les fenêtres des maisons. Ce village possède même un magnifique magasin de fleurs joliment décoré et offrant une vaste panoplie de plantes et fleurs diverses ainsi que de très jolis arrangements floraux. En face de celui-ci, se trouvait une boulangerie où je décidai de faire une halte et de manger quelque chose afin de reprendre des forces. Après une bonne tranche de gâteau au fromage et un bon café bien serré, je me remis en chemin en direction de Wattenwil passant à côté de magnifiques champs de blé et de coquelicots. Blumenstein avait été riche en couleurs, odeurs et saveurs, éveillant tous mes sens, ce qui fut très agréable, me redonnant des ailes pour les quelques petits kilomètres restant jusqu’à ma pause de midi à Wattenwil. Ces quelques kilomètres restants me firent longer un fleuve et une lisière de forêt, bordée de panneaux didactiques faisant découvrir faune et flore de cette très jolie région. Je profitai d’observer certains arbres et d’en apprendre un peu plus sur ces derniers et les fleurs et fruits qu’ils produisaient. Le fleuve amenait une part de calme, de sérénité et de fraîcheur très appréciable car depuis ma sortie de Blumenstein, le ciel s’était ouvert, laissant sortir le soleil et la chaleur. Quelques minutes après, j’arrivai enfin à destination et pris le temps d’errer dans les rues de Wattenwil à la recherche d’une petite terrasse sympathique qui me permettrait de faire enfin cette pause bien méritée. Je la trouvai au grand carrefour du village et je commandai une grande salade César. Je sentais la fatigue revenir et décidai de m’octroyer une bonne heure et demi de pause avant de repartir en direction de Riggisberg où j’espérais trouver un bon lit pour un sommeil serein afin de détendre les courbatures que j’avais gagnées au dos. Après avoir envoyé un petit message à mes anciens compagnons de voyage, ceux-ci me firent part d’un endroit où il fallait m’arrêter pour la nuit, une ferme qui offrait la possibilité, soit de dormir dans la paille, soit de dormir dans un lit. Je me décidais donc de les appeler et j’eus une femme qui parlait parfaitement français, m’expliquant le choix dont m’avait parlé cinq minutes auparavant mes compagnons et d’un ton décidé, je lui demandai avec grand plaisir de dormir sur un lit. Elle m’expliqua par où passer une fois arrivé au village de Riggisberg. Je lui expliquai que je repartirai dans approximativement une heure. Je décidai pour cette heure de pause de changer de terrasse pour y boire le café et profiter de me détendre.