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Quelle magnifique nuit !!!

Je me réveillai, après être tombé comme une masse, dans la tranquillité de la campagne de Riggisberg. Je préparai mes affaires pour cette nouvelle journée qui m’attendait, à la conquête de la grande ville de Fribourg et le passage dans la Suisse romande. Après avoir tout préparé, je me dirigeai à l’entrée de la ferme, où je fus accueilli par Christine et un magnifique petit déjeuner très complet. Je me mis à table tout en regardant mes documents pour ma journée à venir.

Après, ce bon petit déjeuner et une bonne douche matinale, j’allai dans ma chambre récupérer mes affaires et enfiler mes chaussures. Mais, en les enfilant, je sentis mes petits orteils souffrir de cloques assez embarrassantes… J’enlevai mes chaussures et décidai de traiter les cloques en question avant de remettre mes chaussures. Je ne pouvais pas me permettre de m’arrêter là… j’étais décidé (et j’étais très motivé) à continuer mon camino. Après avoir soigné mes pieds et enfilé à nouveau mes chaussures, je décidai, avec l’aide de mes bâtons, de continuer à marcher. Le premier kilomètre fut assez pénible, mes pieds souffrant terriblement, m’empêchant de marcher sans boiter. Après une bonne heure, mes pieds reprirent l’habitude de la marche et je ne sentais plus de douleur… Ils étaient chauds ! Je me dirigeai ainsi, à travers de magnifiques champs de blé, jusqu’à Rüschegg Heubach où un sentier me fit traverser une rivière et m’orienta vers une montée escarpée avec des escaliers en bois qui m’ont fait passer à une altitude supérieure en peu de temps et rejoindre une forêt où un panneau de signalisation m’indiqua que je serai à Schwarzenburg dans à peu près une heure trente. En sortant de la forêt, une flèche jaune m’indiqua la suite de mon camino à travers un grand champ en montée. Il commençait à faire terriblement chaud et la montée ardue n’aidait en rien. Mon courage pris à deux mains, je montai ce champ pour enfin arriver au sommet de la colline et découvrir un ranch un peu particulier, ranch de lamas que l’on pouvait voir à un bon mètre de la barrière. Drôle de bestioles, semblant hautaines, me disais-je, en repensant à une anecdote des aventures de Tintin où le malheureux Capitaine Hadock s’était fait cracher dessus (sourire). Malgré mes appels envers ces derniers, ils ne bronchaient pas d’une oreille et je me dirigeai vers l’entrée du ranch où un grand frigo était à disposition des pèlerins pour y prendre des boissons fraîches contre rémunération dans une tirelire mise juste à côté. Je pris un jus de pommes et après m’être désaltéré, je me remis en marche sur un grand plateau comprenant des fermes et champs à perte de vue. Le temps menaçant se dessinait derrière moi… Ils avaient annoncé la veille de violents orages et pluies passagères durant la journée. Au fur et à mesure de mon avancée à travers ces magnifiques champs de blé et d’orge, qui semblaient être de grands draps d’or, le ciel s’assombrissait. Je fermai un instant les yeux et repensai au chemin en spirale d’hier à la ferme, me disant dans mon fort intérieur que j’allais passer entre les gouttes et l’orage qui ne m’auraient pas aujourd’hui. Je me remis à marcher, confiant, sans me retourner, appréciant les magnifiques paysages d’or qui se dessinaient devant moi. J’arrivai au bas d’une colline que je devais passer pour continuer mon chemin. Quelques averses avaient eu lieu avant mon passage, ayant rendu le terrain meuble et boueux. Apparemment, un troupeau de vaches était passé avant moi, à la vue des marques profondes faites par leurs sabots, ce qui ne me rendait pas la tâche facile, le sol étant accidenté et glissant. Après cette voie boueuse, j’arrivai à l’entrée d’un champ où le chemin avait disparu, pris par les herbes hautes de la prairie qui le longeait. Mes bâtons, en plus de me soutenir à la marche, allaient me servir également à écarter les herbes hautes pour mon passage. Après quelques bonnes minutes de « savane », je me retrouvai sur la route quelques mètres avant de retraverser un champ de trèfles, surplombant la route qui rentrait gentiment dans Schwarzenburg. Passant par un quartier résidentiel, j’arrivai à un carrefour où une auberge ombragée m’attendait afin que je puisse me reposer une bonne heure avant de repartir. Mes pieds ayant bien travaillé, je ne les sentais plus, mais je savais qu’ils n’en étaient pas pour le moins soignés. Ils méritaient toutefois une bonne heure de repos avant d’attaquer la suite de mon camino pour Fribourg.