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Le réveil sonna à sept heures et quel bonheur d’ouvrir les yeux et de se sentir au chaud après une bonne nuit de sommeil, mes vêtements secs et encore chauds de leur nuit passé sur les radiateurs. Après avoir refait mon paquetage, je descendis prendre mon petit déjeuner et la patronne m’annonça que mon calvaire était fini et qu’ils annonçaient un temps magnifique pour toute la journée… Vous n’imaginez pas la lueur que j’avais dans les yeux à cette annonce.

Après un magnifique petit déjeuner copieux, je repris ma route après avoir remercié mes hôtes pour cette magnifique rencontre et ces bons moments passés. Je ne pus m’empêcher en arpentant les rues de Herisau de lever la tête vers le soleil et me laisser caresser le visage par ses rayons! Fabuleux! j’étais prêt pour entamer ma deuxième journée de marche. Je sentais que le vent avait tourné et que j’allais passer une bonne journée!!!

Je repris mes cartes et me redirigeai sur le chemin duquel je m’étais quelque peu écarté afin de me loger. Une trentaine de minutes plus tard, je le retrouvai et il m’amena devant les panneaux m’indiquant ma prochaine destination et mon temps de marche de la journée.

Il est souvent indiqué sur les panneaux de randonnée un temps de marche. Il faut savoir que ce temps est approximatif et qu’il ne compte pas les moments de pauses que vous vous accorderez, alors prévoyez entre trente minutes et une heure supplémentaire afin de ne pas être trop stress en fin de parcours. 

Un petit chemin se traçait devant moi, m’indiquant que j’allai de nouveau monter aujourd’hui… Je m’arrêtai en haut de la coline afin de faire un dernier clin d’oeil à Herisau en repensant un bref instant à mes aventures de la veille avant de reprendre ma route le sourire aux lèvres. Passant d’une coline à l’autre, mon chemin continua à travers une magnifique forêt d’arbres dont les branches étaient très haut perchées et laissaient pénétrer les lueurs du soleil. Une fois sorti de la forêt, une pente très ardue m’amena tout en haut d’un point de vue magnifique surplombant toute la vallée et laissant apercevoir Herisau déjà lointaine. Et là, un arbre trônait majestueusement, seul, devant une vue panoramique à trois cent soixante degrés, auquel une balançoire était accrochée. Tout en riant, je me suis dit que le moment était opportun de faire une petite vidéo pour mes amis et toute personne me suivant dans mes aventures, que je vous mets en lien avec le plus grand des plaisirs (sourire). 

Et suite à ma petite vidéo, je rencontrai deux marcheurs, un homme et une femme, qui souriaient en me voyant me balancer depuis la sortie de la forêt. Nous échangeâmes quelques mots en allemand et voyant que ce n’était pas ma langue natale, madame me dit qu’elle parlait français, à mon grand étonnement. Elle me demanda si je faisais Jakobsweg (Via Jacobi) et après quelques minutes de discussion elle m’expliqua que son frère et elle avait entrepris, étant à la retraite depuis peu, de faire il y a quelques jours deux étapes reliant Roschach à Herisau et Herisau à Wattwil, ayant de la famille et des amis dans ces trois villes. Aussi nous décidâmes de marcher un peu ensemble en direction de St-Peterzell et peut-être Wattwil, leur destination finale: Vreni et son frère Hannes furent mes premiers compagnons de route…

Nous avons parlé de nos histoires, du pourquoi et comment nous avions décidé d’entammer une partie du chemin en direction de St-Jacques de Compostelle, de la vie, etc.

Là, je me disais dans mon fort intérieur que j’avais bien fait de ne pas baisser les bras après avoir vécu l’ascention sous la pluie et le froid de Rorschach à Herisau. Et là, comme si nous nous connaissions depuis plus longtemps, nous montions et descendions les colines qui s’offraient à nous. Quel bien celà fait de pouvoir partager avec des personnes, en plus avec de la conversation et quelques petites pointes d’humour. J’adorais tout simplement le moment présent sous ce soleil magnifique. Cela me rechargeait et je me sentais gonfler à bloc.

Suite à deux petites pauses, nous nous sommes éloignés mais comme nous allions dans la même direction, je savais que nous allions nous rejoindre à un moment ou un autre. Je traversais à un moment une forêt dans la neige pendant un petit instant. Mes pieds s’enfonçaient un pas après l’autre dans vingt centimètre de neige encore humide pendant une trentaine de minutes… je repensais avec le sourire au lèvres à certaines balades avec mes amis en Valais quand nous montions à la Loutze (ils se reconnaîtront en me lisant ha ha ha). Petit clin d’oeil à eux en passant…

Sortant de ma forêt enneigée, après des montées et descentes assez glissantes, j’arrivai sur une route goudronnée qui me guida jusqu’à St-Peterzell. En arrivant sur place, je réfléchissai où faire le tampon de ma demi journée et selon un panneau devant l’hôtel de ville, il y en avait un à l’auberge au milieu du village. En y rentrant, je reconnus les sacs de mes compagnons de route et après avoir fait le tampon, je m’assis à leurs côtés afin de me commander un grand verre de jus de pommes et j’en profita pour échanger quelques impressions de la marche passée.